Le Château de Vert-Cœur
Ce château est caractéristique des constructions bourgeoises de la fin du XIXᵉ siècle.
Histoire et transmission d’un domaine d’exception
Édifié en 1902 pour René Philippon, le château de Vert-Cœur constitue un remarquable exemple d’architecture bourgeoise de la fin du XIXᵉ siècle. Implanté au cœur d’un domaine de quinze hectares à Milon-la-Chapelle, il s’inscrit dans le paysage historique et culturel de la vallée de Chevreuse.
Un article intitulé « La vie à la campagne », paru en septembre 1923 dans la revue Hachette, ainsi qu’une série de cartes postales anciennes, témoignent du rayonnement du château durant les premières décennies du XXᵉ siècle.
René Philippon (1870-1936), érudit et mécène
Comte, grand officier de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre, rentier, et collaborateur de la revue « L’Initiation » (1895) sous le pseudonyme de Jean Tabris.
Il grandit au Château de Vert-Cœur, domaine de quinze hectares à Milon-la-Chapelle.
Spécialiste en sciences occultes, collectionneur, entomologiste et mécène, il récupère la "Bibliothèque Rosicrucienne" (ou ésotérique), d'Henri Chacornac (1855 – 1907), père de Paul Chacornac (1884-1964), éditeurs parisiens propriétaires des Éditions traditionnelles, alors installée au 11, quai Saint-Michel, pour laquelle Emile-Jubert Grillot de Givry a traduit entre 1898 et 1890 de nombreux textes.
Son château sera le rendez-vous du Tout-Paris pendant une quinzaine d'années, et constituera alors le lieu le plus en vue de la vallée de Chevreuse. Il reçoit dans son salon littéraire, entre autres, Jean Cocteau, le philosophe Jacques Maritain, Paul Valéry, Marcel Proust, Willy le mari de Colette.
Il épouse une petite nièce de l’explorateur Jean François de Galaup, comte de La Pérouse, Pauline de La Pérouse (1878-1921).
L'héritier du château fût son chauffeur, il le vendit à un entrepreneur, lequel commença par vendre des éléments du parc, notamment l'un de ses deux grands escaliers de marbre blanc de Carrare.
Évolutions et vocation sociale
Le château de Vert-Cœur sera acquis par Charles de Gaulle en 1946, pour y établir la Fondation Anne-de-Gaulle, destinée à venir en aide aux jeunes femmes handicapées mentales sans ressources.
Préalablement gérée jusqu'en 1996 par les congrégations franciscaines, puis par les sœurs de Saint-Jacut, elle l'est actuellement gérée par une association laïque qui poursuit aujourd’hui cette mission sociale.
Nombreux sont ceux qui estiment que, depuis ce changement de gestion, le château et son parc ont progressivement perdu une part de leur âme et de leur splendeur passée, laissant derrière eux le souvenir d’une époque brillante désormais révolue.