Le baron de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.

Publié le par l'aavre

   Trois articles de Michel Charon : l'un publié 
   dans Mémoire de Chevreuse en 2013 et
   les deux autres dans Toutes les Nouvelles,
   en 2014 et 2015.
 
Le baron Jean de Kalb,
héros de l’indépendance américaine
Mémoire de Chevreuse, 2013
  "Jean de Kalb après le naufrage dans la baie de New York"  
   Image générée avec l'aide de l’intelligence artificielle
   
 
Extrait de Mémoire de Chevreuse, 2013
 
   Parti discrètement d’Angleterre en octobre 1767 à bord de L’Hercule,
   Jean de Kalb atteint l’Amérique le 16 janvier 1768, après treize semaines
   de traversée.
 
   Son arrivée n’est guère plus calme : au cours d’un naufrage dans la baie
   de New York, presque tous ses compagnons d'infortune succombent à la
   gangrène provoquée par de terribles engelures (d'après la revue
   historique des armées) . Lui-même échappe de peu à la mort et
   survit grâce à son exceptionnelle résistance physique.
 
  Retrouvez ci-dessous l’article complet publié dans
  Mémoire de Chevreuse en 2013.

Michel Charon, « Le baron Jean de Kalb, héros de l’indépendance américaine », Mémoire de Chevreuse, no 11, 2013.

 
 
Un héros de l'Indépendance américaine
sorti de l'oubli
Toutes Les Nouvelles du 14 mai 2014 
 
 
Le Baron a navigué sur l'Hermione
aux cotés de La Fayette
Toutes Les Nouvelles 29 avril 2015 
 
    Note rectificative :
    Jean de Kalb a traversé l’Atlantique avec La Fayette en 1777 à bord
    de La Victoire, tandis que l’Hermione a transporté La Fayette lors
    de son second voyage, en 1780
 
 
La Clary,  rebaptisée La Victoire par La Fayette
 
   C'est François Augustin Dubois Martin, frère du secrétaire particulier
   de Broglie qui se rend à Bordeaux afin d’acheter le 1er navire.
 
   Son choix se porte sur  La Clary  construite aux chantiers Bichon à
   Bacalan, rebaptisée la Victoire par La Fayette.
Le baron de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
   Cet achat  sera financé pour un tiers par La Fayette, pour un tiers 
   par Dubois Martin, sous couverture de Broglie, et pour un tiers 
   par le baron de Kalb.
 
   Le 25 mars 1777, La Fayette, de Kalb et leurs compagnons embarquent
   à Pauillac à bord de La Victoire, qui gagne la côte espagnole.
   Après un retour temporaire de La Fayette en France, le navire appareille
   définitivement de Los Pasajes, le 26 avril 1777, à destination de
   l’Amérique.
 
   Cette première traversée précède de trois ans son embarquement à bord
   de L’Hermione.
 
 
   Bernard de Larquier, La Fayette,
usurpateur du vaisseau « La Victoire »
 
   Publié à Surgères chez l’auteur en 1987, ce livre compte 285 pages,
   comporte des illustrations, un choix de documents et une bibliographie.
 
   Présentation de l'ouvrage : 
   Synthèse rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir
   de l’ouvrage de Bernard de Larquier.
 
   Le financement de l’expédition. Âgé de 19 ans et encore mineur,
   La Fayette n’aurait pas financé seul l’achat du navire ni sa cargaison.
   Selon Bernard de Larquier, le projet s’inscrivait dans une opération
   commerciale et politique d’armement à laquelle participaient notamment
   le comte de Broglie, le baron de Kalb et François-Augustin Dubois-Martin.
   Pierre de Larquier, beau-frère de ce dernier, aurait directement contribué
   au prêt des fonds nécessaires.
 
   Le sens du terme « usurpateur ». Bernard de Larquier soutient
   que La Fayette s’est progressivement vu attribuer, dans la mémoire
   collective, l’essentiel du mérite de la mission et de la propriété
   du navire La Victoire, au détriment du rôle déterminant joué par
   les autres acteurs financiers et logistiques, notamment les familles
   de Broglie, de Kalb, de Larquier et Dubois-Martin.
 
 
       Le baron de Kalb n’était pas un courtisan.
 
   Dans une lettre privée adressée le 24 septembre 1777 au comte
   de Broglie, son ancien supérieur et protecteur, auprès duquel
   il pouvait s’exprimer très librement, Jean de Kalb livre sans détour
   son jugement sur Washington.

Bernard Vincent, « Lafayette et la guerre d’Indépendance », Sources, no 16, printemps 2004, p. 10.

 
À Valley Forge, de Kalb,
représenté ici à gauche de Washington,
partage les épreuves de l’armée américaine
Le baron de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
 
Aux États-Unis, plusieurs monuments honorent
la mémoire du baron de Kalb
Statue monumentale d’Annapolis dans le Maryland
 
   Cette statue en bronze se trouve devant le Maryland State House,
   à Annapolis. Réalisée par le sculpteur Ephraim Keyser, elle a été
   inaugurée en 1886. De Kalb y est représenté en uniforme, un genou
   posé en avant, brandissant son épée pour entraîner ses soldats.
Le baron de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
Le baron de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
 
Buste du général Jean de Kalb à Decatur,
    dans l'Etat de Georgie, chef-lieu du comté DeKalb
Offert et restauré par la République fédérale d’Allemagne en 1985.
Il est installé auprès de l’ancien palais de justice du comté de DeKalb (Old DeKalb County Courthouse)
 
                       Statue de Camden
 
       Une statue contemporaine en bronze a été installée en 2021
       devant le Revolutionary War Visitor Center de Camden.
       De Kalb y apparaît debout, dans une attitude plus calme
       que sur le monument d’Annapolis, tenant son épée à son côté.
Le baron de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.

Stèle du champ de bataille de Camden

Cette stèle de granit marque traditionnellement l’endroit où de Kalb aurait été mortellement blessé le 16 août 1780. Elle fut placée au début du XXᵉ siècle par les Daughters of the American Revolution. L’emplacement exact demeure cependant discuté par les historiens.
Monument funéraire de Camden — Caroline du Sud
Cet obélisque se trouve devant la Bethesda Presbyterian Church,
à Camden. Les restes de de Kalb furent transférés sous ce monument
en 1825.
 
La première pierre fut posée par La Fayette, lors de son voyage triomphal aux États-Unis. Le monument a été conçu par l’architecte Robert Mills.
 
Il porte notamment cette formule :
«Allemand de naissance, mais citoyen du monde par ses principes.»
 
En France, une seule plaque commémorative,
aujourd'hui presque effacée.
 
À l'occasion du bicentenaire de sa mort,
une plaque commémorative fût apposée en 1980
sur le mur d'entrée du château de Milon-la-Chapelle.
 
Ici habita le Général Baron Jean de Kalb
Brigadier des Armées du Roi de France
Major Général de l'Armée Américaine
Mort à la bataille de Camden, en Caroline du Sud, le 19 août 1780
Pour la cause de l'Indépendance Américaine.
 
Le baron de Kalb et la commémoration de 1980
 
Milon-la-Chapelle entretient un lien historique singulier avec la guerre d’Indépendance américaine à travers la figure du baron Jean de Kalb. Mortellement blessé à la bataille de Camden en 1780, il demeure étroitement associé à l’histoire locale. Une plaque commémorative apposée au château rappelle encore cet héritage.
 
Le 14 juin 1980, une importante cérémonie fut organisée à Milon-la-Chapelle à l’occasion du bicentenaire de sa mort. La journée comprenait un service œcuménique célébré dans la chapelle de Milon, le dévoilement d’une plaque au château, en présence notamment de l’attaché militaire de l’ambassade des États-Unis, du maire et de représentants de la famille, ainsi qu’une exposition et une réception au château.
 
Selon les informations recueillies, environ 176 descendants auraient participé à cette commémoration. La plaque commémorative visible au château aurait été posée à cette occasion.
 
La commémoration de 1980 reste un moment fort de la mémoire franco-américaine à l’échelle locale.
 
Plusieurs États lui ont rendu hommage
en donnant son nom à des comtés et des villes.
Six comtés américains
portent le nom de DeKalb County
Image générée avec l'aide de l'IA le 29.07.2026
 
Six villes américaines
portent le nom de Kalb
Le comté de DE KALB, dans l’Illinois
 
 
Une postérité moins éclatante que celle de La Fayette
 
Plus âgé et plus expérimenté, de Kalb rejoint la cause américaine en 1777 et sert dans l’armée continentale. Il se distingue particulièrement lors de la campagne du Sud et à la bataille de Camden, en 1780, où il est mortellement blessé.
 
La Fayette, qui survit à la guerre et participe à la victoire de Yorktown, acquiert une renommée durable en France comme aux États-Unis. De Kalb, disparu plus tôt, demeure moins présent dans la mémoire collective, malgré les nombreux lieux américains qui portent son nom.
 
 
L’USS Baron de Kalb,
cuirassé de l’Union pendant la guerre de Sécession
 
L’USS Baron de Kalb, canonnière fluviale cuirassée de l’Union, fût lancé en 1861 sous le nom d’USS St. Louis. Il fut rebaptisé en 1862 en hommage au général de Kalb.
Le baron de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
 
De Kalb, un nom toujours présent à New York
 
 

 

 
 
La Fayette de Jean Dréville :
de Kalb relégué au second plan
 
Le film La Fayette, réalisé par Jean Dréville et sorti en 1962, est une vaste fresque historique entièrement centrée sur la figure de La Fayette. Il magnifie son engagement dans la guerre d’indépendance américaine, tandis que le général de Kalb, interprété par Wolfgang Preiss, n’apparaît que dans quelques scènes et demeure cantonné à un rôle secondaire.
 
La Fayette et le général de Kalb rejoignent l’armée de George Washington.
Dans cette scène, les deux hommes se présentent au camp de Washington. Celui-ci s’adresse d’abord à de Kalb, qu’il prend pour La Fayette. De Kalb corrige aussitôt la méprise et lui désigne le jeune marquis.
Cette confusion, utilisée comme un ressort comique, souligne la différence d’âge entre les deux hommes : de Kalb avait près de 56 ans, tandis que La Fayette n’en avait que 19.
De Kalb, au centre, et La Fayette, à droite de l'image,
arrivent au camp de Washington.
Washington accueille de Kalb, qu’il prend d’abord pour La Fayette.
De Kalb corrige la méprise et présente le jeune La Fayette à Washington, qui s’étonne de son jeune âge.
Repérage des extraits du film et vérification des éléments historiques réalisés avec l’aide de l’IA le 27 juillet 2026.
 
 
Une représentation qui inverse les rôles historiques.
 
Au début de leur aventure américaine, le jeune La Fayette bénéficia de l’expérience, des conseils et de l’accompagnement de de Kalb, officier chevronné de trente-six ans son aîné.

Dans l’une des scènes du film, La Fayette demande pour son compagnon une « seconde épaulette », autrement dit le grade de major général. Cinématographiquement, cet épisode valorise la générosité et l’influence du jeune marquis. Historiquement, il place toutefois de Kalb dans une position de dépendance assez trompeuse.

De Kalb n’était nullement un officier débutant protégé par La Fayette :

  • il avait près de 56 ans, contre 19 ans pour La Fayette ;
  • il possédait plus de trente années d’expérience militaire ;
  • il avait combattu pendant la guerre de Sept Ans ;
  • il avait déjà effectué, en 1768, une mission secrète d’observation dans les colonies américaines ;
  • il avait négocié son engagement comme major général avant son départ pour l’Amérique.
 
Une inversion de la relation réelle
 
À l’écran, de Kalb apparaît comme un compagnon âgé auquel La Fayette vient en aide. Dans la réalité, il fut d’abord l’officier expérimenté qui conseilla et accompagna les premiers pas du très jeune La Fayette.
 
La Fayette disposait certes de son nom, de sa fortune, de ses relations et d’une remarquable capacité à se mettre en valeur. Il obtint rapidement une proximité exceptionnelle avec George Washington. Mais, au moment de leur départ de France, l’expérience militaire, la connaissance de l’Amérique et la maturité appartenaient incontestablement à de Kalb.
 
Le film efface également la carrière militaire autonome de ce dernier. De Kalb commanda une division à Valley Forge, reçut ensuite un commandement dans l’armée du Sud et mourut en 1780 des blessures reçues à la bataille de Camden. Il ne fut donc pas seulement « l’accompagnateur de La Fayette », mais un général de l’armée continentale ayant suivi sa propre trajectoire.
 
Un Séquoia milonais tombé dans l'oubli
 
Visible autrefois depuis le chemin reliant le village de Milon au hameau de La Lorioterie,  longeant la partie basse du parc de la Fondation Anne-de-Gaulle, au château de Vertcœur, cet arbre était présenté par la tradition locale comme l'un des jeunes sujets américains envoyés par Jean de Kalb à son épouse pour leur domaine.
 
Cet arbre remarquable a été abattu en juin 2020.
Le baron de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
Le baron de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
   Synthèse réalisée avec l’aide de ChatGPT, complétée par des informations issues
   de Wikipédia.

Commenter cet article