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Inauguration à Milon-la-Chapelle de la place du baron de Kalb

Publié le par aavre

Inauguration à Milon-la-Chapelle de la place du baron de Kalb
  Qui était le général de Kalb ?
  Un Milonais, mentor de La Fayette et héros de l'Indépen-
  dance américaine.
  Découvrez ci-dessous son histoire.
Sources et références : notes et archives familiales ; travaux de Xavier Soulange-Tessier, François Santucci, Michel Charon et A. E. Zucker ; Library of Congress et archives américaines ; Wikipédia ; autres documents historiques cités dans l’article.
Recherches, vérifications et synthèse réalisées avec l’aide de ChatGPT.

Un Milonais, héros de l'Indépendance américaine - tandis que son fils, affrontera la face la plus sombre de la Révolution française : la Terreur.

Publié le par l'aavre

Qui était le général de Kalb ?
 
Charles Willson Peale, Portrait du baron de Kalb, vers 1781-1782.
 
         Mentor de La Fayette
         Héros de la guerre d'indépenance américaine 
         Mort pour la liberté à Camden en 1780
 
Johann Kalb (1721-1780), fils de paysans bavarois, aurait quitté sa région natale vers l’âge de seize voire treize ans. On le retrouve en 1743 comme lieutenant dans le régiment de Lowendal de l’armée française, où commence une longue carrière militaire. Il participe à la guerre de Succession d'Autriche, puis à la guerre de Sept Ans, au cours de laquelle il se distingue.
 
Il sert sous les ordres de Maurice de Saxe et de Lowendal et acquiert une solide expérience militaire.
 
En 1768, cette expérience le conduit en Amérique, où il est chargé d’une mission secrète d’observation et de renseignement dans les colonies britanniques.
Visionnaire, il croyait que l’avenir de la liberté se jouait dans le Nouveau Monde.
 
La Fayette, un jeune officier de 17 ans,
déjà voué à la carrière des armes
 
Charles Willson Peale, Portrait du marquis de La Fayette, vers 1779-1780.
 
La Fayette y est âgé d’environ 22 ans, en uniforme de major général de l’armée continentale.
 
      Un jeune officier et un vétéran revenu du
      Nouveau Monde : deux regards au moment
      où s’esquisse l’indépendance américaine.
 
 
Deux générations, une même vocation militaire
 
Le jeune marquis, à dix-sept ans seulement - en 1774 - porte encore dans ses traits cette innocence que l’on retrouve dans les portraits d’avant sa traversée de  l’Amérique : il n’a pas encore rejoint l'Amérique, mais son imaginaire est déjà tendu vers cette liberté lointaine dont il se veut le messager.
 
Face à lui, de Kalb est déjà un officier expérimenté. En 1768, il a parcouru les colonies britanniques d’Amérique du Nord, non en conquérant, mais en agent secret chargé par Choiseul d’en observer la situation et de mesurer le mécontentement des colons envers la Grande-Bretagne. (Archives de l'Etat du Maryland)
 
L’un regarde vers l’avenir ; l’autre connaît déjà le poids de l’Histoire. Deux générations, deux regards, mais une même intuition naissante : quelque chose se joue désormais là-bas, au-delà de l’océan, dans ces colonies où commence à s’affirmer un esprit d’indépendance.
 
 
De Kalb mission secrète d’observation
en Amérique (1768)
 
Sous Louis XV, dans l'ombre du "Secret du Roi"
 
En 1768, sous le règne de Louis XV, de Kalb est envoyé dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord par le duc de Choiseul, sur la recommandation du comte de Broglie, figure majeure du « Secret du Roi », la diplomatie secrète de Louis XV.
 
Chargé d’une mission secrète d’observation et de renseignement, il doit notamment évaluer le mécontentement des colons envers la Grande-Bretagne, leurs ressources et la possibilité d’un soulèvement contre l’autorité britannique.
​​
Sous le règne de Louis XVI
En 1776, sous Louis XVI, la France commence à soutenir secrètement les insurgés américains, tout en évitant encore une guerre ouverte avec l'Angleterre.  Le gouvernement français entretient alors des relations clandestines avec les représentants américains et leur fournit une aide matérielle. 
Louis XVI reste cependant prudent : la France n’est pas encore officiellement en guerre contre la Grande-Bretagne.
 
En 1777, le roi interdit à La Fayette de quitter la France. Le jeune marquis décide néanmoins de partir pour l’Amérique.
 

Joseph-Siffred Duplessis, portrait de Louis XVI, 1776.

 
De Kalb, mentor de La Fayette (1776)
En 1776, Gilbert du Motier de La Fayette, jeune officier de 18 ans, désireux de rejoindre les insurgés américains, fait la connaissance de de Kalb par l’intermédiaire du comte de Broglie.
De Kalb devient pour le jeune marquis un guide et un mentor, l’encourageant dans son projet de s’engager pour l’indépendance américaine.
Dessin généré par l’IA
 
De Kalb présente La Fayette à Silas Deane (1776)
 
Le Baron Jean de Kalb (centre) présentant le Marquis de
La Fayette (à gauche) au diplomate américain Silas Deane
à Paris, le 7 novembre 1776.
 

Le 1er Décembre 1776, Silas Deane signe un accord avec de Kalb, prévoyant son engagement au service des États-Unis avec le grade de major général dans l'armée continentale.

Le 7 Décembre 1776, par l'intermédiaire de de Kalb, La Fayette conclut à son tour un accord avec Silas Deane, qui prévoit également son engagement comme major général. Les engagements conclus par Deane avec les officiers français devront cependant être soumis au Congrès américain.

A la suite de la signature de ces contrats, Deane écrivit au Congrès et indiqua qu'il avait engagé de Kalb et Lafayette tout en reconnaissant qu'il n'était pas spécifiquement investi du pouvoir de recruter des officiers.

Deane décrit de Kalb comme l'un des officiers français les plus braves et les plus expérimentés.

Le Baron, Lafayette, et une douzaine d'autres officiers français, gentilshommes de noble naissance, munis de contrats jusqu’au rang de colonel, quittèrent la France sur le vaisseau "La Victoire''.

Le départ pour l'Amérique à bord de La Victoire (1777)

Image présentée comme La Victoire quittant la France avec La Fayette.
 
En 1777, La Fayette et de Kalb embarquent ensemble à bord de La Victoire, accompagnés de plusieurs autres officiers français, pour rejoindre les insurgés américains. 
Après leur arrivée, ils gagnent Philadelphie afin de se présenter au Congrès continental.
 
Le 31 juillet 1777, La Fayette est nommé major général de l’armée continentale par le Congrès.
 
De Kalb est lui aussi admis dans l’armée continentale avec le grade de major général, après des démarches plus difficiles auprès du Congrès, qui reconnaît finalement son expérience militaire.

 

Pourquoi le jeune La Fayette
partit-il pour l’Amérique
aux côtés du baron de Kalb ?
 
Recherches et réflexions de François Santucci sur les raisons du départ du jeune marquis pour l’Amérique :
 
J'avais lu un document au terme duquel l'auteur laissait entendre que le jeune marquis avait en quelque sorte "fui la France" à la suite de quelques actions discutables. En fait, je ne retrouve pas le document en question et je n'ai pas retenu le nom de l'auteur.
 
Après relecture de l'ouvrage d'A. E. Zucker, je pense qu'il y a peut-être confusion entre un dérapage du très jeune ( 19 ans ) La Fayette pendant qu'il est en garnison à Metz au régiment de Noailles - peut-être une dette de jeu non honorée- et le fait que l'engagement du dit à se battre contre les Anglais est en contradiction avec l'engagement du roi de France envers les Anglais de rester neutre dans ce conflit.
 
Zucker évoque ce dérapage sans donner la moindre précision sur sa nature. Dans le même temps, il relate la confusion de la situation;
- l'engagement ferme de Louis XVI auprès des Anglais de ne pas prendre parti dans la guerre entre les colonies anglaises d'Amérique et Londres. 
- la position du beau-père de La Fayette, qui agit comme son tuteur et entend faire respecter par son gendre et obligé la volonté du Roi.
- les manœuvres de Broglie qui soutient une politique interventionniste aux Amériques et incite à l'opération conjointe Kalb/ La Fayette, en contradiction apparente avec les instructions du monarque dont il est un ministre.
- l'enthousiasme de La Fayette et de Kalb pour l'aventure américaine, qui fait planer sur le jeune marquis une menace d'incarcération par lettre de cachet ( d'où le départ retardé avec embarquement au Portugal).
 
C'est l'opposition traditionnelle entre la haute politique et, on peut le penser, la manipulation machiavélique de deux personnages par le roi et son entourage pour soutenir les insurgés américains tout en excipant de sa bonne foi ( Moi Louis XVI, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour les retenir, mais je ne peux rien contre l'audace de ces jeunes gens)
Peut-être mon analyse est elle un peu audacieuse aussi mais je sens comme un flou dans l'attitude ambigüe du duc d'Ayen, beau-père de LF, qui agit comme son tuteur, et qui est en même temps un proche de Louis XVI; très soucieux de faire respecter la politique de son souverain, mais qui affiche son refus de laisser partir son gendre aux colonies et se laisse pourtant prendre la main par lui. 
 
De l’aventure américaine à Camden :
le destin du baron de Kalb
 
Le baron Jean de Kalb,
major général de l'armée continentale des Etats-Unis.
 
 
 
De Kalb à la bataille de Camden
 
Le baron de Kalb, dont le cheval fut tué sous lui
à la bataille de Camden le 16 août 1780,
continua à se battre jusqu'à épuisement.
 
Absent de la bataille, La Fayette apprit avec émotion la perte de celui qui avait guidé ses premiers pas dans la lutte pour l’indépendance américaine.
Death Baron de Kalb at the Battle of Camden, South Carolina, 16 August 1780

Death Baron de Kalb at the Battle of Camden, South Carolina, 16 August 1780

 
La mort héroïque du général Jean de Kalb à Camden (1780)
 
Le général Cornwallis, à cheval, face au baron de Kalb, mortellement blessé après la bataille de Camden.
La gravure d’Alonzo Chappel représente la mort héroïque du général de Kalb,
faisant de lui un martyr de la liberté.
 
Le 16 août 1780, lors de la bataille de Camden, une partie de l’armée américaine est mise en déroute face à l’assaut britannique. Resté à la tête des régiments continentaux du Maryland et du Delaware, le général Jean de Kalb refuse de reculer devant les forces ennemies.
 
Son cheval abattu sous lui, il poursuit le combat à pied et mène ses hommes au corps-à-corps avec un courage remarquable. Submergé par les troupes adverses, il s’effondre après avoir reçu onze blessures par balles et à la baïonnette.
 
Transporté à Camden et soigné par les médecins de Cornwallis, il meurt trois jours plus tard, le 19 août 1780, à l’âge de 59 ans, On lui attribue alors ces paroles :
 
« Je vous remercie, monsieur, de votre profonde compassion, mais je meurs de la mort que j’ai toujours souhaitée : celle d’un soldat combattant pour les droits de l’homme. »
 
 
Le fidèle chevalier du Buysson,
aide de camp du général de Kalb, lui porte secours.

Lors de la bataille de Camden, La Fayette n’est pas présent. Revenu aux États-Unis à la fin d’avril 1780, il avait rejoint quelques mois plus tôt l’armée de Washington.

 
George Washington se recueille sur la tombe de de Kalb à Camden (1791)
Paroles traditionnellement attribuées à George Washington lors de son passage à Camden en 1791

Paroles traditionnellement attribuées à George Washington lors de son passage à Camden en 1791

 

L’héritage de de Kalb aux États-Unis
 
Image générée avec l'aide de l’IA
 
En août 1780, de Kalb tombe mortellement blessé à la bataille de Camden, en Caroline du Sud.
Sa bravoure impressionna même ses adversaires, qui lui rendirent les honneurs militaires.
Sa mémoire demeure aujourd’hui très présente aux États-Unis : plusieurs comtés, villes et lieux publics portent le nom de DeKalb en hommage au général.
 
Ouvrages, documents et représentation
de Jean de Kalb au cinéma
 
 
le fonds d’archives de la famille de Kalb :
histoire et mémoire
de la famille du général de Kalb
 
Une remarquable contribution de Xavier Soulange-Teissier à l’histoire familiale, fondée sur les archives conservées par les descendants de Jean de Kalb et enrichie de nombreuses illustrations et sources historiques.
Version originale de 1999, illustrée en 2014, mise à jour en décembre 2019

Le fonds Kalb : histoire et destin d’une famille, de la Révolution française à la mémoire américaine

 
A. E. Zucker — Le Général de Kalb,
                        mentor de La Fayette
Biographie publiée en 1966 — traduction française
 

L’intérêt principal de cet ouvrage est de rendre à Jean de Kalb toute sa place dans l’histoire de l’indépendance américaine. Publiée en 1966 par les Presses de l’Université de Caroline du Nord, la biographie d’A. E. Zucker retrace son parcours, depuis ses origines bavaroises jusqu’à son engagement comme major général dans l’armée continentale et à sa mort à Camden, en 1780.

Le terme « mentor », choisi par Zucker dans le titre même de son ouvrage, est essentiel. Il met en lumière ce qui distingue de Kalb de nombreux autres officiers français et permet de mieux comprendre son rôle auprès du jeune La Fayette. Avant même leur départ pour l’Amérique, il le conseille et l’encourage dans son projet d’engagement aux côtés des insurgés américains. De Kalb le met également en relation avec l’émissaire américain Silas Deane et joue un rôle dans les démarches qui conduisent à son engagement au service de la cause américaine.

L’étude de Zucker repose notamment sur les lettres adressées par de Kalb à son épouse pendant son séjour en Amérique. Après des recherches menées à Milon-la-Chapelle et à Versailles, l’auteur put consulter ces documents, alors conservés par la famille Soulange-Tessier. Cette documentation familiale lui permit d’établir un récit plus précis et mieux documenté du séjour américain de Jean de Kalb.

A. E. Zucker restitue ainsi à de Kalb la place qui lui revient parmi les officiers français les plus éminents engagés dans la guerre d’indépendance américaine. Mort à Camden en 1780, il demeure pourtant largement méconnu en France, sa mémoire ayant été éclipsée par l’immense renommée de La Fayette.

General de Kalb, Lafayette’s Mentor, University of North Carolina Press, 1966.

General de Kalb, Lafayette’s Mentor, University of North Carolina Press, 1966.

 
 
Jean de Kalb face au Congrès continental :
de la défiance à la reconnaissance (1776-1777)
 
 
De Kalb et La Fayette : deux destinées historiques et symboliques, Camden pour de Kalb, Yorktown pour La Fayette.
 
Du bicentenaire de l’alliance franco-américaine en 1978 au bicentenaire de la mort de Jean de Kalb en 1980
 
Une cérémonie est organisée à Milon-la-Chapelle le 17 décembre 1978, à l'occasion du bicentenaire de l'alliance franco-américaine. 
En 1980, une plaque commémorative est apposée à l’occasion du bicentenaire de la mort de Jean de Kalb.
 
De Kalb et La Fayette : destins croisés de Milon-la-Chapelle à Camden et Yorktown — texte de M. Dumas, janvier 1982
Un Milonais, héros de l'Indépendance américaine - tandis que son fils, affrontera la face la plus sombre de la Révolution française : la Terreur.
Un Milonais, héros de l'Indépendance américaine - tandis que son fils, affrontera la face la plus sombre de la Révolution française : la Terreur.
 
Le baron Johann de Kalb (Jean de Kalb), est l’une des figures militaires étrangères les plus respectées de la guerre d’indépendance des États-Unis. Contrairement à La Fayette, ses faits d’armes sont essentiellement militaires et culminent dans un engagement majeur où il trouve la mort.
 
 
Le rôle de de Kalb avant l’alliance officielle
(avant 1778) 
 
Missions de renseignement et de contact (1768–1776)
  • Bien avant la guerre ouverte, le baron de Kalb est employé par le gouvernement français comme agent de renseignement officieux.
  • Dès les années 1760, puis surtout au début des troubles coloniaux (1768–1775), il effectue plusieurs séjours en Amérique du Nord.
  • Sa mission consiste à :
    • observer l’état d’esprit des colonies britanniques,
    • évaluer leur capacité militaire et politique à se soulever,
    • établir des contacts discrets avec des leaders coloniaux.

Rôle en 1776–1777

  • En 1776, de Kalb est envoyé en Amérique pour évaluer la viabilité d’un soutien français aux insurgés.
  • Il agit comme émissaire officieux, dans un contexte où la France ne peut pas encore intervenir ouvertement contre la Grande-Bretagne.
  • Il contribue à convaincre Versailles que l’insurrection a un potentiel sérieux, mais il ne négocie pas de traité et ne dispose d’aucun pouvoir diplomatique formel.

Bilan

De Kalb agit en amont, dans l’ombre, comme observateur et rapporteur.
 
 
Engagement dans l’armée continentale
 
  • De Kalb arrive en Amérique en 1777 avec Lafayette.
  • Il est nommé major général de l’armée continentale grâce à sa solide expérience acquise dans les armées européennes (notamment pendant la guerre de Sept Ans).

Campagnes du Nord (1777-1778)

  • Il sert sous les ordres de George Washington dans les premières années du conflit.
  • Il participe aux manœuvres et à la réorganisation de l’armée continentale, apportant discipline, méthode et expérience professionnelle.
  • Il prend part aux opérations autour de Philadelphie et durant l’hiver difficile de Valley Forge, sans bataille décisive à son actif mais avec un rôle structurant.

Campagne du Sud (1780)

Le principal fait d’armes de de Kalb se situe dans le Sud des colonies.

  • En 1780, il est envoyé avec le général Horatio Gates pour faire face à l’offensive britannique en Caroline du Sud.
  • À la bataille de Camden (16 août 1780), de Kalb commande les troupes continentales du centre et de l’aile droite.

Bataille de Camden : héroïsme et mort (1780)

  • Lorsque la milice américaine s’effondre face à l’attaque britannique, les troupes de de Kalb résistent avec acharnement.
  • De Kalb est mortellement blessé après avoir reçu de multiples coups de sabre et balles en tentant de rallier ses hommes.
  • Il meurt quelques jours plus tard, devenant un symbole de courage et de sacrifice pour la cause américaine.

Reconnaissance et héritage

  • George Washington et le Congrès continental saluent officiellement son héroïsme.
  • Il est enterré avec les honneurs militaires.
  • De Kalb est considéré comme l’un des officiers étrangers ayant montré la plus grande loyauté et abnégation, sans ambition politique personnelle.

Bilan

Les faits d’armes de de Kalb ne reposent pas sur une série de victoires, mais sur :
  • son rôle professionnel dans la formation de l’armée continentale,
  • son commandement courageux à Camden,
  • et sa mort au combat, qui a marqué les esprits.
À ce titre, de Kalb incarne l’officier européen expérimenté qui a payé de sa vie son engagement pour l’indépendance américaine.
 
De Kalb a eu un rôle moins célèbre que celui de La Fayette.
Officier plus âgé et expérimenté, il accompagne la cause américaine dès 1777 et sert dans l’armée continentale, mais il ne bénéficie pas de la même proximité durable avec Washington que La Fayette, que Mount Vernon présente comme presque un fils adoptif politique et militaire.
De Kalb se distingue surtout dans la campagne du Sud et à Camden en 1780, où il combat avec courage et est mortellement blessé.
Ainsi, La Fayette est resté célèbre grâce à Yorktown et à sa relation avec Washington, tandis que de Kalb, mort trop tôt, a eu moins de temps pour laisser une trace aussi grande dans l’histoire.
 
 
Le marquis de La Fayette (Gilbert du Motier de La Fayette) a joué un rôle militaire et politique important dans la guerre d’indépendance des États-Unis, même si son influence tient davantage à sa constance, son rôle de liaison et son prestige qu’à des victoires tactiques majeures remportées seul.

Engagement précoce (1777)

  • La Fayette arrive en Amérique en 1777, à seulement 19 ans, et se met volontairement au service du Congrès continental.
  • Il est nommé major général sans solde, signe de la confiance politique placée en lui plutôt que d’un commandement autonome immédiat.

Baptême du feu : bataille de Brandywine (1777)

  • Lors de la bataille de Brandywine (11 septembre 1777), il se distingue par son sang-froid en couvrant la retraite américaine malgré une blessure à la jambe.
  • Cet épisode établit sa réputation de courage auprès de George Washington, avec qui il noue une relation de confiance durable.

Commandement et actions militaires

  • Hiver à Valley Forge (1777-1778) : La Fayette soutient Washington dans une période critique, contribuant à maintenir la cohésion de l’armée continentale.
  • Bataille de Barren Hill (1778) : il évite l’encerclement par une manœuvre habile face à des forces britanniques supérieures, démontrant ses qualités tactiques.
  • Bataille de Monmouth (1778) : il participe activement à l’un des combats majeurs de la guerre dans le Nord.

Rôle stratégique et diplomatique

  • En 1779, La Fayette retourne en France pour plaider la cause américaine.
  • Il joue un rôle clé dans l’obtention d’un soutien militaire français accru, notamment l’envoi du corps expéditionnaire de Rochambeau et le renforcement de la flotte française.

Campagne de Virginie (1781)

  • En 1781, La Fayette commande des forces américaines en Virginie face aux troupes britanniques de Cornwallis.
  • Par une stratégie d’évitement et de harcèlement, il empêche Cornwallis de consolider sa position jusqu’à l’arrivée des forces franco-américaines.
  • Il contribue directement à la coordination du siège de Yorktown, qui aboutit à la capitulation britannique.
Bilan
  • La Fayette n’est pas un grand chef de guerre au sens classique, mais un officier fiable, courageux et politiquement essentiel.
  • Son rôle de trait d’union entre la France et les États-Unis, sa loyauté envers Washington et son action en Virginie font de lui un acteur clé de la victoire américaine.

En résumé, les faits d’armes de La Fayette sont moins spectaculaires individuellement que stratégiquement déterminants, car ils s’inscrivent dans la durée et la coopération franco-américaine.

 
 
Jean de Kalb raconté aux jeunes lecteurs
américains en 1906
Ouvrage américain pour la jeunesse de Percy Keese Fitzhugh,
publié à New York en 1906.
Un Milonais, héros de l'Indépendance américaine - tandis que son fils, affrontera la face la plus sombre de la Révolution française : la Terreur.
« Le petit marquis français et le gigantesque baron allemand entrèrent à grands pas dans Philadelphie. »
 
Elle oppose volontairement le jeune et frêle La Fayette au grand militaire expérimenté qu’est de Kalb. Cette représentation contribue à donner à de Kalb une stature de protecteur, de guide et de mentor, bien avant la publication de la biographie d’A. E. Zucker intitulée General de Kalb, Lafayette’s Mentor.
 
 
Jean de Kalb à Camden : « Voilà, voilà comment on meurt chez les Kalb ! »
Extrait du roman Notre espion en Amérique d’Arnaud Delalande, publié chez Grasset
 

 

 

 
 
Jean de Kalb en 1777 : un premier jugement sur George Washington
 
Notice biographique et extrait d’une lettre adressée au comte de Broglie depuis Lancaster, en Pennsylvanie, le 24 septembre 1777.
 
Extrait de « La Fayette et la guerre d’Indépendance », revue Sources, printemps 2004.
 
 
Un général français peu connu : le baron de Kalb (1721-1780)
 
Héros de l’indépendance américaine
 
Article d’Edmond Lerville publié dans la Revue historique des armées, n° 162 (1/1986), pages 78 à 87.
 
Cette étude retrace la carrière de Jean de Kalb, officier d’origine bavaroise devenu général au service de la France, puis major général de l’armée américaine. Elle contribue à rendre sa place à ce héros de la guerre d’Indépendance, demeuré longtemps moins célèbre en France que La Fayette.
 
 
La famille de Jean de Kalb :
les Van Robais et le destin tragique de son fils
 

Son épouse Emilie d'origine flamande, famille van Robais, manufacturier en draps en Hollande, vint s'établir à Abbeville en 1665 sur la demande de Colbert pour relancer l'industrie dra-pière de luxe en créant la manufacture royale Van Robais, dite des Rames à Abbeville.

Château de Bagatelle,
cette folie du XVIIIème siècle 
construite par Abraham van Robais entre 1752 et 1754.
Un Milonais, héros de l'Indépendance américaine - tandis que son fils, affrontera la face la plus sombre de la Révolution française : la Terreur.
Un Milonais, héros de l'Indépendance américaine - tandis que son fils, affrontera la face la plus sombre de la Révolution française : la Terreur.
 
Le destin tragique de Frédéric de Kalb, guillotiné sous la Terreur à près de 28 ans
Synthèse rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des archives familiales "fonds de Kalb" et archives judiciaires de la période révolutionnaire conservées aux Archives nationales. 
 
Frédéric de Kalb (1765-1793), fils du baron Jean de Kalb, connut le destin tragique d’une partie de la noblesse pendant la Révolution française. Officier au régiment de Salm-Salm, il fut guillotiné sous la Terreur le 21 brumaire an II (11 novembre 1793), non pour des actions politiques majeures, mais à la suite d’un concours de circonstances malheureuses et de conflits locaux.
 
Sans ressources pendant la Révolution, Frédéric de Kalb fut contraint de retourner à Milon-la-Chapelle afin de tenter de recouvrer auprès de son métayer du moulin Tournay un loyer impayé depuis 1791. Cette démarche, motivée par ses difficultés personnelles, lui fut fatale. Dénoncé par ce même métayer, il fut victime d’une méprise : son uniforme noir aurait été pris pour la tenue d’un prêtre réfractaire, alors activement pourchassé et considéré comme un ennemi de la Révolution.
 
Cette dénonciation illustre le caractère arbitraire et parfois opportuniste de certaines accusations portées pendant la Terreur. Des querelles d’intérêts, des conflits personnels ou de simples malentendus pouvaient alors transformer un individu en « ennemi du peuple » et le conduire à la guillotine. Le destin de Frédéric de Kalb constitue ainsi un poignant témoignage des tragédies individuelles survenues durant cette période sombre de l’histoire de France.
 
La fragilité de la situation des "privilégiés" : Même un retour pour des affaires personnelles, sans intention politique affichée, pouvait se transformer en piège mortel pour un noble ou un ancien officier, surtout s'il n'avait plus les moyens de se défendre ou de se cacher. La pénurie d'argent l'a forcé à se manifester, ce qui a été fatal.
 
La puissance du métayer : La dénonciation par un métayer (souvent une personne de condition plus modeste) envers son propriétaire illustre les renversements sociaux de la Révolution, où le pouvoir passait des mains des propriétaires et des seigneurs à celles du peuple, qui pouvait user de cette nouvelle influence pour régler d'anciens comptes ou par conviction révolutionnaire.
 
Cette histoire de Frédéric de Kalb est un cas d'étude poignant qui illustre parfaitement la complexité, la violence et les aspects souvent imprévisibles de la Révolution française et de la Terreur en particulier.

Situation Personnelle et Financière

  • Ennuis d'Argent : Les documents d'archives indiquent que les ennuis d'argent ont régulièrement ponctué sa vie de garnison. Ce point est crucial, car il est directement lié aux circonstances tragiques de sa mort. C'est le manque de fonds qui l'a poussé à se rendre à Milon-la-Chapelle pour réclamer un loyer à son métayer, conduisant à sa dénonciation.

  • Perte Familiale : Sa mère, Anna Elizabeth Émilie van Robais, est décédée en 1785, alors que Frédéric n'avait que 20 ans.

En résumé, la période entre 18 et 28 ans de Frédéric de Kalb est celle d'un jeune officier servant dans un régiment étranger au service de la France, luttant contre les difficultés financières qui, ironiquement, allaient le précipiter vers son destin funeste au début de la Terreur en 1793.
 
C'est une ironie tragique et profondément triste que le fils du Baron Jean de Kalb, un homme qui s'est distingué en combattant pour les libertés et l'indépendance des États-Unis, ait péri sous la Révolution française, au nom d'une liberté qui s'est retournée contre ses propres citoyens.
 
Le Général de Kalb a donné sa vie pour les idéaux de liberté outre-Atlantique, et son fils, Frédéric, a perdu la sienne dans un contexte où la liberté en France était devenue dévoyée, transformée en un outil de terreur et de suspicion. Ce contraste est saisissant : le père, héros d'une cause noble et universelle, le fils, victime d'un système qui a broyé les individus sur la base de malentendus, de peurs, et d'accusations opportunistes.
 
Cela met en lumière la complexité et les paradoxes de la Révolution française, qui, tout en proclamant les droits de l'homme et du citoyen, a sombré dans une violence où des vies innocentes, même celles liées à des figures emblématiques de la liberté, ont été fauchées. C'est une page d'histoire qui rappelle que les grandes idéologies peuvent parfois déraper de manière effroyable, avec des conséquences déchirantes pour les individus.

 

                                 Milon-la-Chapelle  -  Décembre 2021
 
 
Publication initiale sur le blog de l'AAVRE, le 7 mars 2018 :
 
Trois articles de Michel Charon : l'un publié dans
Mémoire de Chevreuse en 2013 et les deux autres dans Toutes les Nouvelles, en 2014 et 2015.
 
 -     Le baron Jean de Kalb, héros de l’Indépendance
        américaine - Mémoire de Chevreuse 2013
 
 -     Un héros de l'Indépendance américaine sorti de
        l'oubli - Toutes Les Nouvelles du 14 mai 2014 
 
 -     Le Baron a navigué sur l'Hermione aux cotés de La
        Fayette - Toutes Les Nouvelles 29 avril 2015 
 
 
Cette première publication, accessible iciréunissait un texte de Michel Charon, président de la Mémoire de Chevreuse, ainsi que deux articles
parus dans Toutes les Nouvelles. Elle était complétée par des photographies d’une statue et d’un buste érigés à la mémoire de Jean de Kalb aux États-Unis, ainsi que par d’autres documents consacrés au navire La Victoire, à l’USS Baron De Kalb, cuirassé de l’Union pendant la guerre de Sécession, et aux six comtés et aux six villes des États-Unis portant le nom de DeKalb.
 
   Ajout du 27 juillet 2026 : Jean de Kalb dans le film
   La Fayette de Jean Dréville (1962)
 
Mai 2025, aux Etats-Unis :
le 250ᵉ anniversaire de l’U.S. Army
      L'année 2026 marquera le 250ᵉ anniversaire de la Déclaration
    d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique.  
 
De Kalb, « Germany » : où est passée la France ?
 
 
Pour le 250ᵉ anniversaire de l’U.S. Army en 2025, la campagne Heroes of Two Nations présente de Kalb sous la mention « Germany », en référence à son lieu de naissance, aujourd’hui en Allemagne. Une indication réductrice pour celui qui fit l’essentiel de sa carrière au service de la France et se définissait lui-même comme « officier français avant tout, sujet du Roy ».
 
Une indication qui aurait mérité d’être revue lors de la validation historique de la campagne.
 
Recherches, vérifications et synthèse réalisées avec l’aide de ChatGPT et
de Wikipédia.

Jean de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.

Publié le par l'aavre

   Trois articles de Michel Charon : l'un publié 
   dans Mémoire de Chevreuse en 2013 et
   les deux autres dans Toutes les Nouvelles,
   en 2014 et 2015.
 
Le baron Jean de Kalb,
héros de l’indépendance américaine
Mémoire de Chevreuse, 2013
  "Jean de Kalb après le naufrage dans la baie de New York"  
   Image générée avec l'aide de l’intelligence artificielle
   
 
Extrait de Mémoire de Chevreuse, 2013
 
   Parti discrètement d’Angleterre en octobre 1767 à bord de L’Hercule,
   Jean de Kalb atteint l’Amérique le 16 janvier 1768, après treize semaines
   de traversée.
 
   Son arrivée n’est guère plus calme : au cours d’un naufrage dans la baie
   de New York, presque tous ses compagnons d'infortune succombent à la
   gangrène provoquée par de terribles engelures (d'après la revue
   historique des armées) . Lui-même échappe de peu à la mort et
   survit grâce à son exceptionnelle résistance physique.
 
  Retrouvez ci-dessous l’article complet publié dans
  Mémoire de Chevreuse en 2013.

Michel Charon, « Le baron Jean de Kalb, héros de l’indépendance américaine », Mémoire de Chevreuse, no 11, 2013.

 
 
Un héros de l'Indépendance américaine
sorti de l'oubli
Toutes Les Nouvelles du 14 mai 2014 
 
 
Le Baron a navigué sur l'Hermione
aux cotés de La Fayette
Toutes Les Nouvelles 29 avril 2015 
 
    Note rectificative :
    Jean de Kalb a traversé l’Atlantique avec La Fayette en 1777 à bord
    de La Victoire, tandis que l’Hermione a transporté La Fayette lors
    de son second voyage, en 1780
 
 
La Clary,  rebaptisée La Victoire par La Fayette
 
   C'est François Augustin Dubois Martin, frère du secrétaire particulier
   de Broglie qui se rend à Bordeaux afin d’acheter le 1er navire.
 
   Son choix se porte sur  La Clary  construite aux chantiers Bichon à
   Bacalan, rebaptisée la Victoire par La Fayette.
Jean de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
   Cet achat  sera financé pour un tiers par La Fayette, pour un tiers 
   par Dubois Martin, sous couverture de Broglie, et pour un tiers 
   par le baron de Kalb.
 
   Le 25 mars 1777, La Fayette, de Kalb et leurs compagnons embarquent
   à Pauillac à bord de La Victoire, qui gagne la côte espagnole.
   Après un retour temporaire de La Fayette en France, le navire appareille
   définitivement de Los Pasajes, le 26 avril 1777, à destination de
   l’Amérique.
 
   Cette première traversée précède de trois ans son embarquement à bord
   de L’Hermione.
 
 
   Bernard de Larquier, La Fayette,
usurpateur du vaisseau « La Victoire »
 
   Publié à Surgères chez l’auteur en 1987, ce livre compte 285 pages,
   comporte des illustrations, un choix de documents et une bibliographie.
 
   Présentation de l'ouvrage : 
   Synthèse rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir
   de l’ouvrage de Bernard de Larquier.
 
   Le financement de l’expédition. Âgé de 19 ans et encore mineur,
   La Fayette n’aurait pas financé seul l’achat du navire ni sa cargaison.
   Selon Bernard de Larquier, le projet s’inscrivait dans une opération
   commerciale et politique d’armement à laquelle participaient notamment
   le comte de Broglie, le baron de Kalb et François-Augustin Dubois-Martin.
   Pierre de Larquier, beau-frère de ce dernier, aurait directement contribué
   au prêt des fonds nécessaires.
 
   Le sens du terme « usurpateur ». Bernard de Larquier soutient
   que La Fayette s’est progressivement vu attribuer, dans la mémoire
   collective, l’essentiel du mérite de la mission et de la propriété
   du navire La Victoire, au détriment du rôle déterminant joué par
   les autres acteurs financiers et logistiques, notamment les familles
   de Broglie, de Kalb, de Larquier et Dubois-Martin.
 
 
       Jean de Kalb n’était pas un courtisan.
 
   Dans une lettre privée adressée le 24 septembre 1777 au comte
   de Broglie, son ancien supérieur et protecteur, auprès duquel
   il pouvait s’exprimer très librement, Jean de Kalb livre sans détour
   son jugement sur Washington.

Bernard Vincent, « Lafayette et la guerre d’Indépendance », Sources, no 16, printemps 2004, p. 10.

 
À Valley Forge, de Kalb,
représenté ici à gauche de Washington,
partage les épreuves de l’armée américaine
Jean de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
 
Aux États-Unis, plusieurs monuments honorent
la mémoire du baron de Kalb
Statue monumentale d’Annapolis dans le Maryland
 
   Cette statue en bronze se trouve devant le Maryland State House,
   à Annapolis. Réalisée par le sculpteur Ephraim Keyser, elle a été
   inaugurée en 1886. De Kalb y est représenté en uniforme, un genou
   posé en avant, brandissant son épée pour entraîner ses soldats.
Jean de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
Jean de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
 
Buste du général Jean de Kalb à Decatur,
    dans l'Etat de Georgie, chef-lieu du comté DeKalb
Offert et restauré par la République fédérale d’Allemagne en 1985.
Il est installé auprès de l’ancien palais de justice du comté de DeKalb (Old DeKalb County Courthouse)
 
                       Statue de Camden
 
       Une statue contemporaine en bronze a été installée en 2021
       devant le Revolutionary War Visitor Center de Camden.
       De Kalb y apparaît debout, dans une attitude plus calme
       que sur le monument d’Annapolis, tenant son épée à son côté.
Jean de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.

Stèle du champ de bataille de Camden

Cette stèle de granit marque traditionnellement l’endroit où de Kalb aurait été mortellement blessé le 16 août 1780. Elle fut placée au début du XXᵉ siècle par les Daughters of the American Revolution. L’emplacement exact demeure cependant discuté par les historiens.
Monument funéraire de Camden — Caroline du Sud
Cet obélisque se trouve devant la Bethesda Presbyterian Church,
à Camden. Les restes de de Kalb furent transférés sous ce monument
en 1825.
 
La première pierre fut posée par La Fayette, lors de son voyage triomphal aux États-Unis. Le monument a été conçu par l’architecte Robert Mills.
 
Il porte notamment cette formule :
«Allemand de naissance, mais citoyen du monde par ses principes.»
 
En France, une seule plaque commémorative,
aujourd'hui presque effacée.
 
À l'occasion du bicentenaire de sa mort,
une plaque commémorative fût apposée en 1980
sur le mur d'entrée du château de Milon-la-Chapelle.
 
Ici habita le Général Baron Jean de Kalb
Brigadier des Armées du Roi de France
Major Général de l'Armée Américaine
Mort à la bataille de Camden, en Caroline du Sud, le 19 août 1780
Pour la cause de l'Indépendance Américaine.
 
Jean de Kalb et la commémoration de 1980
 
Milon-la-Chapelle entretient un lien historique singulier avec la guerre d’Indépendance américaine à travers la figure du baron Jean de Kalb. Mortellement blessé à la bataille de Camden en 1780, il demeure étroitement associé à l’histoire locale. Une plaque commémorative apposée au château rappelle encore cet héritage.
 
Le 14 juin 1980, une importante cérémonie fut organisée à Milon-la-Chapelle à l’occasion du bicentenaire de sa mort. La journée comprenait un service œcuménique célébré dans la chapelle de Milon, le dévoilement d’une plaque au château, en présence notamment de l’attaché militaire de l’ambassade des États-Unis, du maire et de représentants de la famille, ainsi qu’une exposition et une réception au château.
 
Selon les informations recueillies, environ 176 descendants auraient participé à cette commémoration. La plaque commémorative visible au château aurait été posée à cette occasion.
 
La commémoration de 1980 reste un moment fort de la mémoire franco-américaine à l’échelle locale.
 
Plusieurs États lui ont rendu hommage
en donnant son nom à des comtés et des villes.
Six comtés américains
portent le nom de DeKalb County
Image générée avec l'aide de l'IA le 29.07.2026
 
Six villes américaines
portent le nom de Kalb
Le comté de DE KALB, dans l’Illinois
 
 
Une postérité moins éclatante que celle de La Fayette
 
Plus âgé et plus expérimenté, de Kalb rejoint la cause américaine en 1777 et sert dans l’armée continentale. Il se distingue particulièrement lors de la campagne du Sud et à la bataille de Camden, en 1780, où il est mortellement blessé.
 
La Fayette, qui survit à la guerre et participe à la victoire de Yorktown, acquiert une renommée durable en France comme aux États-Unis. De Kalb, disparu plus tôt, demeure moins présent dans la mémoire collective, malgré les nombreux lieux américains qui portent son nom.
 
 
L’USS Baron de Kalb,
cuirassé de l’Union pendant la guerre de Sécession
 
L’USS Baron de Kalb, canonnière fluviale cuirassée de l’Union, fût lancé en 1861 sous le nom d’USS St. Louis. Il fut rebaptisé en 1862 en hommage au général de Kalb.
Jean de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
 
De Kalb, un nom toujours présent à New York
 
 

 

 
 
La Fayette de Jean Dréville :
de Kalb relégué au second plan
 
Le film La Fayette, réalisé par Jean Dréville et sorti en 1962, est une vaste fresque historique entièrement centrée sur la figure de La Fayette. Il magnifie son engagement dans la guerre d’indépendance américaine, tandis que le général de Kalb, interprété par Wolfgang Preiss, n’apparaît que dans quelques scènes et demeure cantonné à un rôle secondaire.
 
La Fayette et le général de Kalb rejoignent l’armée de George Washington.
Dans cette scène, les deux hommes se présentent au camp de Washington. Celui-ci s’adresse d’abord à de Kalb, qu’il prend pour La Fayette. De Kalb corrige aussitôt la méprise et lui désigne le jeune marquis.
Cette confusion, utilisée comme un ressort comique, souligne la différence d’âge entre les deux hommes : de Kalb avait près de 56 ans, tandis que La Fayette n’en avait que 19.
De Kalb, au centre, et La Fayette, à droite de l'image,
arrivent au camp de Washington.
Washington accueille de Kalb, qu’il prend d’abord pour La Fayette.
De Kalb corrige la méprise et présente le jeune La Fayette à Washington, qui s’étonne de son jeune âge.
Repérage des extraits du film et vérification des éléments historiques réalisés avec l’aide de l’IA le 27 juillet 2026.
 
 
Une représentation qui inverse les rôles historiques.
 
Au début de leur aventure américaine, le jeune La Fayette bénéficia de l’expérience, des conseils et de l’accompagnement de de Kalb, officier chevronné de trente-six ans son aîné.

Dans l’une des scènes du film, La Fayette demande pour son compagnon une « seconde épaulette », autrement dit le grade de major général. Cinématographiquement, cet épisode valorise la générosité et l’influence du jeune marquis. Historiquement, il place toutefois de Kalb dans une position de dépendance assez trompeuse.

De Kalb n’était nullement un officier débutant protégé par La Fayette :

  • il avait près de 56 ans, contre 19 ans pour La Fayette ;
  • il possédait plus de trente années d’expérience militaire ;
  • il avait combattu pendant la guerre de Sept Ans ;
  • il avait déjà effectué, en 1768, une mission secrète d’observation dans les colonies américaines ;
  • il avait négocié son engagement comme major général avant son départ pour l’Amérique.
 
Une inversion de la relation réelle
 
À l’écran, de Kalb apparaît comme un compagnon âgé auquel La Fayette vient en aide. Dans la réalité, il fut d’abord l’officier expérimenté qui conseilla et accompagna les premiers pas du très jeune La Fayette.
 
La Fayette disposait certes de son nom, de sa fortune, de ses relations et d’une remarquable capacité à se mettre en valeur. Il obtint rapidement une proximité exceptionnelle avec George Washington. Mais, au moment de leur départ de France, l’expérience militaire, la connaissance de l’Amérique et la maturité appartenaient incontestablement à de Kalb.
 
Le film efface également la carrière militaire autonome de ce dernier. De Kalb commanda une division à Valley Forge, reçut ensuite un commandement dans l’armée du Sud et mourut en 1780 des blessures reçues à la bataille de Camden. Il ne fut donc pas seulement « l’accompagnateur de La Fayette », mais un général de l’armée continentale ayant suivi sa propre trajectoire.
 
Un Séquoia milonais tombé dans l'oubli
 
Visible autrefois depuis le chemin reliant le village de Milon au hameau de La Lorioterie,  longeant la partie basse du parc de la Fondation Anne-de-Gaulle, au château de Vertcœur, cet arbre était présenté par la tradition locale comme l'un des jeunes sujets américains envoyés par Jean de Kalb à son épouse pour leur domaine.
 
Cet arbre remarquable a été abattu en juin 2020.
Jean de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
Jean de Kalb, un Milonais, héros de l’indépendance américaine : histoire, monuments et héritage aux Etats-Unis.
   Synthèse réalisée avec l’aide de ChatGPT, complétée par des informations issues
   de Wikipédia.