Les sauvages du Potager du Roy

Publié le par aavre

Inventaire depuis 2001 de la flore du Potager du Roy :
une démarche intéressante, mais une priorité à clarifier.
 
L’inventaire de la flore spontanée du Potager du Roy constitue un travail sérieux. Il témoigne d’une attention croissante portée à la biodiversité ordinaire, y compris dans les lieux urbains. 

Pour autant, cette démarche appelle une question de fond : quelle doit être aujourd’hui la vocation première du Potager du Roy ?

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Ce lieu n’est pas un espace vert comme un autre. Il est d’abord un patrimoine horticole exceptionnel, historiquement lié à l’excellence des techniques fruitières et légumières françaises.

  Photo 1985

Créé sous Louis XIV, puis porté par une longue tradition d’enseignement et d’expérimentation horticole, il a longtemps constitué une référence technique majeure. Sa singularité tient précisément à cette articulation entre patrimoine, production, savoir-faire et transmission.

 

Dans ce contexte, faire de la biodiversité spontanée l’axe principal de valorisation du site peut interroger.
La présence d’espèces communes, voire d’espèces introduites, ne suffit pas nécessairement à constituer un enjeu écologique patrimonial majeur.
Elle peut avoir un intérêt pédagogique, mais ne saurait pas masquer la responsabilité spécifique du Potager : conserver, démontrer et transmettre des savoir-faire horticoles rares, exigeants et menacés.
 
  Photo 1985

Le risque serait de substituer à un patrimoine technique vivant une communication environnementale plus consensuelle, mais moins fidèle à l’identité du lieu. La biodiversité ne doit pas devenir un habillage justifiant l’abandon progressif de l’exigence horticole, de l’entretien des parcelles, des murs, des formes fruitières, des techniques de culture et de la qualité des productions.

Un site patrimonial d’une telle importance ne peut se contenter de valoriser la flore spontanée comme si elle constituait en elle-même un projet.

Le Potager du Roy a été la référence technique absolue pendant trois siècles. Aujourd’hui, le recours massif aux bâches plastiques pour pallier le manque d'entretien et l'invasion d'insectes dénature le site.

Un outil de reconnaissance des plantes inventoriées est proposé. Cela répond à un effort pédagogique certain. Pourtant il en existe déjà beaucoup en ligne d'accès gratuit et couvrant une flore bien plus large.

 

  Photo 1985
Dans un contexte de pénurie budgétaire croissante, on est en droit de se demander finalement si les investissements consacrés à une évaluation de la biodiversité floristique dans un site urbain anthropisé depuis longtemps ne seraient pas mieux utilisés à préserver des sites uniques où une biodiversité rare et originale se dégrade sous nos yeux, tels beaucoup de sites autour de l'Abbaye de Cernay, de la vallée supérieure de l'Yvette ou plus loin en forêt de Fontainebleau.
Dans la vallée du Rhodon, la fermeture du paysage par enforestation banale au dépens des prairies historiques non seulement ferme le paysage mais dégrade aussi une biodiversité originale et patrimoniale, typique des milieux ouverts, si caractéristiques de cette vallée.

     Les amis de la Vallée du Rhodon et du Potager du Roy

  Photo 1985

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